Mauritanie : Bonifiche Ferraresi en discussions pour un vaste projet agricole au Brakna

Le groupe agro-industriel italien Bonifiche Ferraresi (BF) est en discussions avec les autorités mauritaniennes en vue de développer un vaste projet agricole dans la wilaya du Brakna, en collaboration avec la Société nationale de développement rural (Sonader), révèle une information de l’AGI citant des sources concordantes.
Le projet pourrait porter sur l’aménagement de 10.000 à 20.000 hectares de terres agricoles dans la zone de Boghé et prévoit notamment la construction d’un nouveau canal destiné à renforcer les capacités d’irrigation.
Les productions envisagées comprennent notamment le blé, le riz, les cultures maraîchères et les semences, dans un contexte où la Mauritanie cherche à accroître sa production céréalière et à réduire sa dépendance aux importations.
Les modalités de financement, le coût global du projet et son calendrier de réalisation n’ont pas encore été arrêtés publiquement. Selon les premiers éléments disponibles, BF pourrait assurer une partie du financement, tandis que la contribution mauritanienne bénéficierait d’un appui de la coopération italienne.
Le projet s’inscrit également dans le cadre du rapprochement économique entre la Mauritanie et l’Italie. Nouakchott a rejoint, en janvier 2025, la liste des pays partenaires du Plan Mattei pour l’Afrique, initiative italienne qui accorde une place importante à l’agriculture, à la sécurité alimentaire et au développement des investissements italiens sur le continent.
Bonifiche Ferraresi figure parmi les groupes italiens les plus actifs dans ce domaine en Afrique. Son modèle repose notamment sur l’exploitation de grandes superficies, l’irrigation, la mécanisation, la formation et, à terme, la transformation des productions agricoles.
En Algérie, le groupe a engagé en juillet 2024, avec le Fonds national d’investissement algérien, un projet agro-industriel de 36.000 hectares à Timimoun, consacré notamment au blé et aux légumineuses. Une première campagne de blé y a été lancée en mai 2026 sur 1.600 hectares.
BF développe également un domaine agricole de 5.000 hectares au Ghana, pour un investissement annoncé d’environ 90 millions d’euros. Au Sénégal, le groupe a signé en avril 2025 un protocole d’accord portant sur l’aménagement de 10.000 hectares dans la commune de Kaour. Un accord de même superficie a été conclu le même mois avec la République du Congo pour un projet à Dolisie.
En Côte d’Ivoire, BF a par ailleurs signé, en septembre 2025, une convention d’investissement de 134 millions d’euros pour le développement d’une ferme-pilote de 10.000 hectares à Tagadi, dans le nord-est du pays.
Le volet consacré aux semences pourrait revêtir une importance particulière pour la Mauritanie, qui cherche depuis plusieurs années à structurer une filière nationale. En 2024, un essai de culture de blé sur 200 hectares dans le Trarza avait notamment enregistré des rendements estimés entre quatre et cinq tonnes à l’hectare.
Le projet envisagé au Brakna intervient ainsi à la convergence des intérêts des deux parties : la Mauritanie cherche à renforcer ses capacités agricoles, ses infrastructures d’irrigation et sa production céréalière, tandis que BF poursuit le déploiement en Afrique d’un modèle combinant technologies agricoles, irrigation, mécanisation et transformation.
Pour soutenir les investissements de ses entreprises en Afrique, l’Italie dispose notamment du dispositif « Plafond Africa » de la Cassa Depositi e Prestiti, doté de 500 millions d’euros, ainsi que de la « Misura Africa » gérée par SIMEST, qui mobilise 200 millions d’euros de financements concessionnels.
En juillet 2026, BF avait annoncé en Italie son ambition de développer une vingtaine de « model farms », dont plusieurs seraient implantées en Afrique.
Le projet mauritanien demeure toutefois à un stade préparatoire. Son financement définitif, son calendrier et les modalités précises de sa mise en œuvre restent à clarifier.