Gouvernement : la DPG trace une nouvelle feuille de route axée sur le pouvoir d’achat, le développement de l’intérieur et la vision 2060

Le Premier ministre Mokhtar Ould Djay a présenté, samedi, devant l’Assemblée nationale, la déclaration de politique générale de son gouvernement pour 2026. Au-delà du bilan des dernières années, le chef du gouvernement a tracé les grandes lignes de la prochaine étape, articulée autour de trois priorités immédiates : protéger le pouvoir d’achat des ménages, stimuler l’activité économique dans les wilayas de l’intérieur et doter le pays d’une stratégie de développement à long terme, avec pour horizon 2060.

Face aux députés, le Premier ministre a réaffirmé la continuité de l’action gouvernementale, inscrite dans le programme présidentiel « Mon ambition pour la patrie ». Cette feuille de route repose sur cinq axes fondamentaux : consolider l’État de droit et moderniser la gouvernance, bâtir une économie performante et durable, renforcer le capital humain, promouvoir l’unité nationale et l’intégration sociale, enfin garantir la sécurité et la stabilité tout en développant le rôle régional et international de la Mauritanie.

La préservation du pouvoir d’achat constitue toutefois l’urgence affichée. Dans un contexte marqué par les répercussions de la crise internationale et la hausse des prix, estimée à 7,3 % entre février et fin septembre 2026, le gouvernement entend agir à la fois sur le coût des produits essentiels et sur les revenus des ménages les plus fragiles. Mokhtar Ould Djay a notamment annoncé une révision du mécanisme de fixation des prix des hydrocarbures, le maintien du plafonnement des prix du blé, du riz, du sucre et de l’huile, avec l’intégration de la viande, ainsi que des mesures de soutien aux fonctionnaires, aux retraités et aux ménages à faibles revenus. La prise en charge temporaire d’une partie des factures d’eau et d’électricité figure également parmi les pistes annoncées.

Le deuxième chantier vise à donner un nouvel élan économique aux régions de l’intérieur, au-delà des investissements consacrés aux infrastructures et à l’accès aux services de base. Le gouvernement prévoit des programmes adaptés aux potentialités de chaque wilaya, notamment dans l’agriculture, l’élevage et les services urbains. Le financement des éleveurs, l’aménagement des barrages, l’accompagnement des producteurs, le soutien aux initiatives économiques des jeunes et des incitations fiscales et financières destinées aux investisseurs figurent parmi les leviers envisagés. Un fonds spécial consacré au développement local doit également être créé.

Cette ambition régionale s’accompagnera d’une réforme de la gestion des déchets et d’un effort de modernisation urbaine. Le Premier ministre a annoncé la préparation de plans d’urbanisme pour les chefs-lieux de wilaya et de moughataa qui n’en disposent pas encore, ainsi que de programmes spécifiques pour Nouakchott et Nouadhibou. Ces derniers devraient notamment porter sur l’assainissement, l’aménagement des principales artères, les espaces publics et les zones littorales. La propreté des villes devra, selon les orientations présidentielles rappelées par le chef du gouvernement, devenir un indicateur de la performance des autorités locales.

Troisième priorité : sortir de la logique des programmes à court terme pour inscrire le développement national dans une perspective de plusieurs décennies. Le gouvernement entend élaborer une vision stratégique pour la Mauritanie à l’horizon 2060, qui sera déclinée dans un Plan national de développement. Le processus devra associer les acteurs économiques et sociaux, le secteur privé, les jeunes et des experts nationaux et internationaux. Il sera accompagné d’une réforme administrative visant notamment à rendre les promotions dans la fonction publique plus transparentes, à distinguer les postes administratifs des nominations politiques et à renforcer la formation continue des agents de l’État.

Ces trois priorités s’inscrivent dans un programme plus large de réformes institutionnelles, économiques et sociales. Le gouvernement affirme vouloir poursuivre la modernisation de l’administration, renforcer la lutte contre la corruption, améliorer les services de santé et d’éducation, élargir la protection sociale et consolider l’unité nationale. Mokhtar Ould Djay a reconnu que les réalisations enregistrées ne répondaient pas encore à toutes les attentes, tout en promettant d’accélérer l’exécution des programmes et de corriger les insuffisances constatées. La prochaine étape devra ainsi être jugée moins à l’aune des annonces qu’à celle de leurs effets concrets sur les conditions de vie des Mauritaniens.

(avec Ami)

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