Une usine expérimentale pour les conserves de thon et de sardines: Bientôt sous le label «made in Mauritania»

Le projet touche à sa fin. Malgré les données volatiles, il suscite l’espoir de l’éclosion d’une nouvelle ère dans la transformation et la valorisation de nos produits halieutiques.

En Mauritanie où les eaux sont réputées parmi les plus poissonneuses au monde, on continue d’importer, chaque année, pour 4850 tonnes de sardines en conserves. Probablement même que les poissons qui s’y trouvent ont été capturés dans nos eaux territoriales avant de nous revenir serrés dans des boites. Inimaginable mais pourtant vrai. Des importations qui affectent, sans doute, la balance des paiements et remettent en doute la politique de rente dans le secteur des pêches qui saborde d’énormes opportunités de développement et la création d’emplpis.

Chaque année, des centaines de milliers de tonnes de pélagiques sont exportés dans le cadre d’accords bilatéraux ou multilatéraux. Une politique de rente où le pays reçoit des miettes au lieu de susciter le développement des sous-secteurs de pêche. C’est dans ces conditions qu’intervient la réflexion des autorités suivies par leurs partenaires de l’Alliance Sahel pour sortir des sentiers battus. L’expérience résonne comme donc un virage et un appui à l’émergence d’une activité industrielle créatrice d’emplois notamment pour les jeunes qui représentent aujourd’hui 40% de la population active et contributive aux efforts de sécurité alimentaire dans le pays.
La création d’usine de conserves et la transformation de poissons tirent haut une plus-value mais également un transfert de savoir-faire, escamoté depuis des lustres dans notre pays. Plusieurs expériences avaient, en effet, été menées dont la plus resplendissante remonte aux années 1974 via une société mauritano-espagnole «IMAPEC» qui détenait une usine de fabrique de conserves de thon et de sardines dans notre capitale économique. Mais ses promoteurs espagnols avaient pris le large avec le déclenchement de la guerre du Sahara, en novembre 1975, laissant derrière eux une structure d’une grande facture. Le transfert technologique n’ayant pas été assuré, l’accaparement par la guerre, la clé était rapidement mise sous le paillasson. Un énorme gâchis. L’expérience ne s’arrêtera pas là. Le montage financier, par les hommes d’affaires, sous l’injonction de l’ancien président Maaouiya Ould Sid’Ahmed Taya, pour créer la conserverie de Nouadhibou connue sous le nom de la MEIPP, n’a pas fait long feu malgré les promesses du démarrage. Le produit «Essayad» avait pourtant fini par trouver son chemin dans les réflexes alimentaires.

Aujourd’hui, les promoteurs sont plus prudents et avancent à pas feutrés pour s’assurer une expérience mieux élaborée. Un succès qui pourrait être déterminant pour pallier les craintes et les soubresauts de l’impact de la crise ukrainienne chez nous. La coopération entre l’Alliance Sahel et la RIM trouve ici une grande expression.
C’est en tout cas le sens du déplacement la semaine dernière de l’ambassadrice espagnole, S.E.Mme. Miriam Álvarez de la Rosa Rodríguez, partie à NDB s’enquérir de la construction de l’usine pédagogique de conserves de la sardine et des thons à l’ISSM. Un projet né du cadre du projet PROMOPECHE/AECID, financé par l’Union européenne (Trust Fund Sahel visant à créer une unité de conserve de sardine et de thons. ISSM met les bouchées doubles et la mise en place de l’usine serait achevée à 90%. Un autre avantage est que le projet mûri l’a été sur la base d’informations statistiques fiable faisant état d’un débarquement régulier (2018-2019-2020) de près 400 000 tonnes de sardine, chaque année, qui faisaient les beaux jours de la farine et de l’huile de poissons.
Une tendance corroborée par une étude citée de l’IMROP qui atteste de la possibilité de 10 000 nouveaux emplois dans la conserve par la manipulation de 20 tonnes de poissons contre 400 tonnes dans le cas de la farine et huile de poissons. L’expérience actuelle tente de booster les investissements dans cette activité en se chargeant de la formation de 250 techniciens ; en plus de la formation d’une main d’oeuvre qualifiée de 30 étudiants/an avec une licence professionnelle.
Associer la recherche scientifique à l’investissement garantit au moins de garder un bon cap vers des rivages plus propices pour la faisabilité du projet. Mais il devrait aussi être soutenu par une campagne de marketing pour favoriser la consommation. Alors, vivement la première…dégustation!
JD

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