« Travel ban » : Assimi Goïta et Ibrahim Traoré répondent à Donald Trump

Après l’annonce de restrictions de l’accès des Sahéliens au territoire américain, des communiqués officiels du Mali et du Burkina Faso ont annoncé, ce 30 septembre, des mesures immédiates de réciprocité envers les États-Unis.
Si les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) ont émis le souhait, lors de la deuxième session ordinaire du Collège de leurs chefs d’État, d’harmoniser davantage leurs actions, ils s’expriment déjà régulièrement en stéréo. Le même jour, ce 30 décembre, ce sont deux communiqués quasiment jumeaux qui ont été publiés par Bamako et Ouagadougou. Dans les deux textes, les autorités nationales maliennes et burkinabè indiquent avoir « pris acte » d’une décision américaine annoncée le 16 décembre dernier.
Washington mettait alors à jour son « travel ban » et le Burkina Faso, le Mali et le Niger faisaient leur entrée dans la « liste noire » des pays aux ressortissants indésirables sur le sol des États-Unis, pour « déficiences persistantes et sévères » dans les systèmes de contrôle, de vérification et de partage d’informations ou même risque de nuisance « à la culture, au gouvernement, aux institutions ou aux principes fondateurs » des États-Unis. N’échappaient à la restriction que les résidents permanents légaux ou les titulaires de visas existants, de même que certaines catégories de droits d’entrée.
Une riposte sous vernis diplomatique
Le Mali et le Burkina Faso ont donc embouché la même trompette logique des « mesures de réciprocité » consulaire, avec effet immédiat, envers les demandeurs de visas originaires des États-Unis. Tout de même fidèle au jargon diplomatique, le communiqué burkinabè accorde à la décision américaine son caractère « souverain ».
De même que les autorités maliennes réaffirment leur attachement à des relations de coopération avec les États-Unis, mais « fondées sur le respect mutuel », celles du Burkina précisent que les mesures équivalentes n’entament en rien leur volonté de maintenir une coopération constructive avec Washington.
La frilosité américaine à l’égard des pays sahéliens s’était déjà manifestée. Dès octobre 2025, les États-Unis avaient inclus le Mali dans un programme pilote imposant des cautions financières élevées à certains demandeurs de visas de court séjour. Plus récemment, lorsqu’apparaissaient les signes de pénurie de carburant dans la zone de Bamako, les autorités américaines avaient recommandé à leurs ressortissants d’éviter tout déplacement au Mali et à ceux déjà présents de quitter le pays.
Alarmisme américain ?
L’« alarmisme » américain est dénoncé au Sahel. Le ministère malien des Affaires étrangères conteste le diagnostic sécuritaire des Occidentaux qu’il juge « en contradiction avec les évolutions réelles sur le terrain ». En sus, les autorités maliennes regrettent que l’actualisation du travel ban ait été effectuée « sans la moindre concertation préalable ».
Si les communiqués du 30 décembre ne sont que malien et burkinabè, c’est que le troisième membre de l’AES a dégainé plus vite. Au lendemain de Noël déjà, le Niger interdisait l’entrée sur son territoire aux citoyens américains, « en guise de représailles ».
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