L’inauguration de l’ambassade de Palestine à Londres : un rappel solennel au droit international

L’ouverture officielle de l’ambassade de l’État de Palestine au Royaume-Uni dépasse le simple cadre diplomatique. Elle constitue un acte politique et juridique fort, rappelant que la question palestinienne relève avant tout du droit international et non d’un rapport de force imposé par l’occupation.
En apposant la plaque « Ambassade de l’État de Palestine » sur un bâtiment londonien, le Royaume-Uni reconnaît formellement une réalité consacrée par de nombreuses résolutions des Nations unies : le peuple palestinien dispose d’un droit imprescriptible à l’autodétermination, reconnu notamment par la Charte de l’ONU et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
Pour les Palestiniens vivant sous occupation à Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, cette ambassade incarne une reconnaissance juridique face à des décennies de violations systématiques du droit international humanitaire. Blocus prolongé, colonisation illégale, déplacements forcés, punitions collectives et attaques contre les civils ont été largement documentés par les Nations unies, la Cour internationale de Justice et de nombreuses organisations de défense des droits humains.
Lors de la cérémonie, l’ambassadeur Husam Zomlot a souligné que cette représentation diplomatique à part entière confirme que l’existence juridique de la Palestine ne peut être effacée par l’occupation. En droit international, la reconnaissance d’un État ne dépend pas du consentement de la puissance occupante, mais du respect de critères objectifs et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
Cette inauguration intervient après la reconnaissance officielle de l’État de Palestine par le Royaume-Uni, une décision présentée par Londres comme une tentative de réaffirmer le cadre légal d’une solution politique fondée sur deux États. En reconnaissant la Palestine, le Royaume-Uni rappelle que l’occupation des territoires palestiniens, débutée en 1967, est illégale au regard du droit international, comme l’a confirmé la Cour internationale de Justice dans plusieurs avis.
L’ambassade devient ainsi un espace de plaidoyer juridique : pour l’application des Conventions de Genève, pour la protection des civils en temps de conflit armé, pour la fin de la colonisation qualifiée de crime de guerre par le Statut de Rome de la Cour pénale internationale.
La réaction hostile d’Israël à cette reconnaissance illustre la fracture persistante entre le droit international et la réalité sur le terrain. Pourtant, la reconnaissance de la Palestine ne constitue pas une « récompense », mais l’application tardive d’un principe juridique fondamental : aucun peuple ne peut être privé indéfiniment de ses droits en raison de l’usage de la force.
Pour les réfugiés palestiniens dispersés depuis 1948, pour les familles vivant sous blocus ou sous occupation militaire, cette ambassade représente une continuité juridique et politique. Elle affirme que leur cause n’est pas humanitaire uniquement, mais profondément légale : celle de droits violés et de responsabilités internationales longtemps ignorées.
À Londres, l’ambassade de Palestine se dresse désormais comme un rappel permanent que la paix ne pourra être durable que si elle repose sur le respect du droit international, la fin de l’occupation et la reconnaissance pleine et entière des droits du peuple palestinien.
(avec médias)