« Vers un foncier sécurisé et une gouvernance moderne »: haro contre les gazras?

Depuis la dernière campagne de déguerpissement des squatters du domaine public à Nouakchott, dont les conséquences sociales et sécuritaires restent encore présentes dans les mémoires, la question foncière demeure au cœur des préoccupations. Le secteur continue d’apparaître comme un véritable fourre-tout où spéculateurs, réseaux d’influence et accapareurs imposent souvent leur loi au détriment de l’intérêt général.

Dans ce contexte, la nouvelle opération de recensement foncier lancée mardi par les autorités mauritaniennes pourrait constituer une étape importante vers davantage de transparence et de rigueur dans la gestion du domaine public. Encore faudra-t-il que l’application de la loi concerne aussi bien les puissants bénéficiaires des grandes opérations spéculatives que les citoyens modestes, souvent pointés du doigt lors des campagnes de déguerpissement. Car sans l’impunité dont ont longtemps bénéficié certains grands squatters et intermédiaires fonciers, nombre de petits occupants n’auraient probablement jamais tenté d’acquérir ou d’occuper frauduleusement des parcelles.

Le ministère des Domaines, du Patrimoine de l’État et de la Réforme foncière a ainsi lancé à Nouakchott une vaste opération de recensement des parcelles bâties de la capitale. L’objectif affiché est la création d’une base de données numérique des biens immobiliers afin d’améliorer la gestion foncière et de renforcer la sécurité juridique des propriétés.

Placée sous le slogan « Vers un foncier sécurisé et une gouvernance moderne », cette initiative vise notamment à documenter les propriétés, à relier les bâtiments à leur situation juridique et à élaborer des cartes urbaines précises pour faciliter la planification urbaine et l’accès aux services de base.

Le recensement, prévu sur une durée de 12 à 14 mois, sera mené par des équipes de terrain équipées de tablettes numériques chargées de collecter et de vérifier les données ainsi que les documents fonciers.

Le projet est mis en œuvre par la Direction des cartes militaires avec l’appui du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et de la Banque mondiale. La Direction générale des Domaines et de l’Enregistrement supervisera la création d’une base de données attribuant un numéro d’identification à chaque parcelle afin de mieux suivre les opérations de propriété, de lotissement et de transfert.

Le directeur général des Domaines et de l’Enregistrement, Bideh Ould Asghir, a estimé que cette opération permettra de mettre en place un registre foncier moderne et fiable, tout en renforçant la transparence des transactions immobilières et la protection des droits des propriétaires.

Le représentant du PNUD en Mauritanie a, pour sa part, salué une initiative susceptible de contribuer au renforcement de la sécurité foncière et au développement urbain du pays.

(avec Ami)

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