De la formation à l’autonomie : elles ont repris le pouvoir sur leur avenir

À Kiffa, au centre Safia, Hawa et Leghewiya illustrent comment une formation peut ouvrir des perspectives, renforcer la confiance et faciliter l’accès à un emploi.
À Kiffa, dans la région de l’Assaba, certaines trajectoires semblent parfois s’interrompre trop tôt. Un examen manqué, une confiance qui s’effondre, et peu à peu, les perspectives se referment.

Hawa, 23 ans, avait poursuivi ses études jusqu’au baccalauréat scientifique. Elle y croyait. Elle a essayé, une première fois, puis une seconde. Sans succès. Après ces échecs répétés, le doute s’installe. Elle se replie sur elle-même, perd confiance, et ne voit plus vraiment quelle direction prendre. Pourtant, une envie persiste, discrète mais tenace : l’informatique.
Étant éligible à intégrer le centre Safia de Kiffa, Hawa a pu saisir cette opportunité en 2023 pour redonner un élan à son parcours et envisager l’avenir autrement.
Les premiers mois sont décisifs. Au-delà des cours, c’est une transformation plus profonde qui s’opère. Hawa apprend à s’exprimer, à échanger avec les autres filles, à reprendre confiance en elle. Elle choisit la filière informatique, avec un intérêt particulier pour la comptabilité. Peu à peu, elle retrouve une direction.


Après une année de formation, elle effectue un stage dans une banque de Kiffa. Aujourd’hui, elle y occupe un poste de gestionnaire de l’un de leur point de services financiers, où elle assure les opérations de transfert d’argent et la gestion des transactions. Une responsabilité qu’elle assume avec assurance, loin de la jeune fille hésitante qu’elle était encore quelques mois plus tôt.
Son regard est désormais tourné vers l’avenir : intégrer un jour le siège de la banque.

À 25 ans, elle rêvait de devenir médecin. Elle atteint le baccalauréat… mais échoue. Là où beaucoup auraient abandonné, elle choisit de continuer. Elle enchaîne des formations, notamment en informatique, avec une conviction claire : avancer, coûte que coûte.
« Je ne voulais pas que ma vie se limite à rester à la maison », confie-t-elle.
Lorsqu’elle rejoint le centre Safia, elle découvre un cadre structuré, mais aussi des approches nouvelles. Comme Hawa, elle s’oriente vers l’informatique, un choix qu’elle fait avec lucidité et ambition. La formation lui permet non seulement de renforcer ses compétences techniques, mais aussi de développer sa confiance et son autonomie.
Peu à peu, elle change de regard sur elle-même. Les modules de développement personnel, qu’elle questionnait au départ, deviennent un levier clé dans son parcours.
À l’issue de sa formation, elle intègre la délégation régionale du commerce et du tourisme en Assaba, où elle travaille aujourd’hui comme secrétaire depuis plus d’un an.

Mais pour Leghewiya, ce poste n’est qu’un début. Son ambition est claire : évoluer dans le domaine de l’électronique et de l’informatique, créer sa propre activité, et surtout accompagner d’autres filles à suivre ce chemin.

À travers leurs parcours, Hawa et Leghewiya racontent une même réalité : celle de jeunes filles qui refusent que l’échec scolaire définisse leur avenir.
À Kiffa, le centre Safia, avec le soutien financier de la LIND Fondation, accompagne chaque année plus de 1 400 jeunes filles. Des formations en informatique, agriculture, couture ou gestion d’activités génératrices de revenus leur offrent des compétences concrètes, mais surtout une nouvelle confiance en elles.
Ce qui se joue ici dépasse l’apprentissage technique. Il s’agit de redonner une place, une voix, une seconde chance.
Hawa le résume simplement : « Il ne faut pas rester sans rien faire. Il faut se former. »
Et Leghewiya ajoute : « Il faut croire en ses rêves, même quand le chemin change. »
À Kiffa, ces chemins existent. Et chaque année, ils s’ouvrent un peu plus.
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