Santé: le Hantavirus, ça n’arrive qu’aux autres…

Chez nous, le silence administratif est une science exacte. Plus le danger approche, plus il faut se faire discrets. C’est le camouflage. Rien à voir avec l’autruche. La vérité c’est qu’en Mauritanie, les virus s’égarent avant même de frapper à nos portes. Toujours! Espérons-le.
Le hantavirus ? Connais pas. Aucun communiqué, aucune conférence de presse, aucun plan de vigilance annoncé. Le Ministère de la Santé semble pratiquer la stratégie du camouflage sanitaire : si on n’en parle pas, c’est que ça n’existe pas. Une méthode « révolutionnaire » qui mériterait sans doute d’être disséquée en labos.
Pendant que le monde entier surveille les mouvements de cette nouvelle menace avec des laboratoires, des scanners et des cellules de crise, nous, nous observons le détroit d’Ormuz et le prix du gasoil. Chaque nation ses priorités. Chez nous, le virus peut toujours attendre son… ère.
Pourtant, le fameux paquebot contaminé navigue à quelques miles seulement de nos eaux. Mais rassurez-vous : tant qu’aucun rat infecté ne remplit une fiche d’entrée au territoire, tout va bien. La vigilance nationale repose sur les sociétés de dératisation. Une première.
Et puis, soyons honnêtes : pourquoi inquiéter les populations avec des questions inutiles ? Avons-nous des équipements de diagnostic ? Des laboratoires adaptés ? Des équipes formées? Des dispositifs de surveillance aux frontières? Quelle drôle d’idée ! Ici, les questions dérangeantes sont souvent plus dangereuses que les épidémies elles-mêmes.
Le plus admirable reste cette capacité “mauritanienne” à toujours attendre le premier cas avant de commencer à réfléchir. Chez nous, l’anticipation est perçue comme une forme d’exagération. Un mauvais présage pour écarter le mauvais œil. On préfère l’improvisation patriotique: découvrir le problème en direct, chercher les solutions après, puis organiser une commission pour comprendre pourquoi personne n’avait rien vu venir.
En attendant, chers citoyens, dormez tranquilles. Le hantavirus n’a officiellement pas été invité. Et en Mauritanie, tant qu’un problème n’est pas annoncé à la télévision, il appartient encore au domaine de la fiction. Et l’Administration peut vaquer à ses occupations. Clin d’œil.
J.D