Condamnation de militants d’Ira: Biram monte au créneau!

Le président de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) et député, Biram Dah Abeid, a vivement critiqué la rapidité avec laquelle quatre militants de son mouvement ont été jugés, ainsi que la sévérité des peines prononcées à leur encontre. Dans une déclaration, il a dénoncé un contraste avec le traitement réservé, selon lui, aux dossiers de corruption, de mauvaise gestion et de détournement des deniers publics. Il s’est notamment interrogé sur le nombre de dossiers évoqués dans les rapports de la Cour des comptes ayant effectivement abouti à des poursuites et à des sanctions.

Biram Dah Abeid a également dénoncé la remise en liberté de plusieurs personnes poursuivies dans des affaires liées, selon lui, au trafic de drogue, au blanchiment d’argent, à la commercialisation de médicaments falsifiés ou encore à l’introduction de comprimés psychotropes. Il estime que la justice applique ainsi « deux poids, deux mesures », soulignant qu’une peine de quatre ans de prison ferme a été infligée à des personnes ayant signalé des faits présumés d’esclavage. Il affirme que la procédure contre les trois militants a débuté à la suite d’un signalement concernant une possible situation d’esclavage, dont il estime que certains comportements des autorités auraient par la suite renforcé les soupçons.

Le député a tenu les autorités pour responsables de ce qu’il qualifie d’« injustice grave et retentissante », estimant que l’affaire dépasse le sort des trois militants condamnés. Il a rappelé qu’en 2016, sous la présidence de Mohamed Ould Abdel Aziz, treize membres de son mouvement avaient été condamnés à des peines allant jusqu’à quinze ans de prison et éloignés de Nouakchott, parmi lesquels figurait déjà Abdallah Abou Joub, condamné dans l’affaire actuelle. Il a ainsi dénoncé le retour, dix ans plus tard, à des méthodes judiciaires qu’il considère similaires.

La chambre criminelle du tribunal de Nouakchott-Nord a condamné jeudi les trois militants, El Hadj El Aïd, Abdallah Abou Joub et Boulnas Ahmed, à quatre ans de prison ferme, tandis que les autres prévenus, Mohamed Fadel Eliates, Lalla Aïcha et Rachida Salem, ont été remis en liberté.

L’affaire avait été déclenchée en février après un signalement de l’IRA concernant une fillette, Nouha Mohamed, présentée comme potentiellement victime d’esclavage. De son côté, le parquet spécialisé dans la lutte contre l’esclavage et la traite des personnes avait annoncé le classement de la procédure, estimant, à l’issue d’investigations judiciaires et de terrain, que les éléments constitutifs de l’infraction n’étaient pas réunis et accusant l’IRA d’avoir fabriqué les preuves produites.

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