Aoujeft: le président Ghazouani promet de relancer la filière oasienne pour réduire les importations de dattes

Le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani veut donner un nouvel élan à l’agriculture oasienne et réduire la dépendance de la Mauritanie aux importations de produits agricoles. Lors d’une rencontre mercredi soir avec les élus et cadres d’Aoujeft, dernière étape de sa visite dans l’Adrar, il a annoncé la création d’une agence nationale dédiée au développement de la filière des oasis ainsi que la restructuration de la Société des dattes de Mauritanie.
Le désenclavement des zones de production figure également parmi les priorités présidentielles. Le chef de l’État a demandé au ministère de l’Équipement et des Transports de lancer une étude rapide pour identifier les principaux points à relier au réseau routier bitumé. Il a parallèlement appelé à mobiliser les financements nécessaires à la construction d’un grand barrage, ou de plusieurs ouvrages hydrauliques, destinés à répondre aux besoins en eau potable et à soutenir l’agriculture irriguée et les oasis.
Pour justifier cette accélération, le président a mis en avant l’enjeu de la souveraineté alimentaire. Il a rappelé les investissements réalisés ces dernières années, avec environ 150 barrages agricoles et plus de 12.000 hectares aménagés pour l’agriculture irriguée, auxquels doivent s’ajouter quelque 20.000 hectares grâce à de nouveaux ouvrages hydrauliques. La production nationale de riz s’est ainsi rapprochée de l’autosuffisance, tandis que certains légumes couvrent désormais environ la moitié des besoins du marché national.
La filière dattière apparaît toutefois comme l’un des principaux défis. Selon les chiffres cités par le président, quelque 7.600 tonnes de dattes ont été importées au cours des sept premiers mois de l’année, pour une valeur estimée à 7,6 milliards d’ouguiyas. Si le rythme se maintient, les importations pourraient atteindre 10.000 tonnes sur l’ensemble de l’année, pour environ 10 milliards d’ouguiyas. Dans le même temps, les ventes de la Société nationale des dattes restent inférieures à 450 tonnes annuelles, un écart que le président considère comme révélateur du potentiel encore inexploité de la production locale.
Au-delà d’Aoujeft, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a défendu une politique visant à faire de l’agriculture un levier de souveraineté alimentaire et de développement économique. Il a assuré que les insuffisances constatées dans la moughataa tiennent moins à l’engagement des agriculteurs qu’au manque d’infrastructures et de moyens, promettant que les doléances exprimées lors de la rencontre seront prises en compte. Le président a enfin affirmé que les efforts de mobilisation des ressources, de rationalisation de leur gestion et de lutte contre la corruption commencent, selon lui, à dégager des marges financières supplémentaires pour financer les projets de développement.
(avec médias)