En Mauritanie, la diphtérie a déjà tué 56 personnes (OMS)

La Mauritanie fait face à une épidémie de diphtérie ayant déjà causé 56 décès et 1 439 cas confirmés entre janvier 2025 et mars 2026, selon les données de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). La maladie s’est propagée dans quatorze des quinze wilayas du pays, avec une forte concentration dans le Hodh El Chargui, épicentre de la flambée.
À elle seule, cette wilaya a enregistré 862 cas, dont 602 dans le département de Bassiknou, frontalier du Mali. Cette zone abrite notamment le camp de réfugiés de Mbera, où vivent plus de 100 000 personnes déplacées par les conflits au Mali voisin. Les déplacements fréquents de populations et les conditions de vie précaires favorisent la circulation de la maladie.
Pour contenir l’épidémie, le ministère mauritanien de la Santé a renforcé sa coopération avec l’OMS et les équipes sanitaires déployées sur le terrain. Les interventions portent notamment sur la détection précoce des cas, la prise en charge rapide des patients, la sécurisation des soins et l’approvisionnement en médicaments essentiels.
Les autorités sanitaires ont également intensifié les campagnes de vaccination autour des foyers identifiés et distribué des traitements comme l’azithromycine et l’antitoxine diphtérique. Ces mesures ont permis d’améliorer la réponse médicale et de limiter progressivement la transmission dans certaines localités.
Des résultats encourageants sont déjà observés dans plusieurs districts. À Adel Bagrou, le renforcement de la surveillance épidémiologique et des campagnes de vaccination a réduit le nombre de contaminations à seulement quatre cas au cours des trois derniers mois. À Bassiknou, la circulation du virus demeure toutefois préoccupante avec plus de 23 cas recensés récemment.
Selon l’OMS, la poursuite des efforts de vaccination, de surveillance et d’assistance médicale reste essentielle pour éviter une aggravation de la situation sanitaire.